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Jeunes talents de la communication, 2 professionnelles témoignent

Publié le 5 septembre 2018

Devenir un jeune talent, reconnu(e) par ses pairs, sa hiérarchie et son secteur d’activité n’est pas donné à tout le monde.
Les Trophées Comelles des communicantes remis au mois de juin ont mis à l’honneur 3 jeunes femmes dont les réalisations, les qualités humaines et professionnelles présagent un avenir pérenne et talentueux, 3 jeunes talents nominées dans la catégorie « jeunes talents ».

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Trophées Comelles des Communicantes 2018

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Charlotte Camoin, responsable de la communication institutionnelle chez PUM Plastiques s’est vu remettre le Trophée. Dans sa prise de parole lors de l’événement de remise des Trophées (à retrouver ici), elle nous a parlé travail, partage, curiosité et audace. Nous avons souhaité rencontrer ses 2 jeunes talents co-nominées pour comprendre quel est ce petit plus, ce petit supplément d’âme, qui leur a permis de construire un début de carrière que beaucoup aimeraient avoir et de se faire ainsi remarquer pour leurs positions et leurs réalisations professionnelles, leurs postures et leurs ambitions.

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PRESENTATION DES JEUNES TALENTS NOMINEES

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.Club Comelles : Alice Pellerin, vous avez 29 ans. Diplômée du CELSA il y a 8 ans, ancienne blogueuse « food », vous avez rejoint le groupe AXA après une expérience en agence. Vous y êtes maintenant « Digital project manager senior. » A ce titre, vous êtes chef d’orchestre de l’Employee Advocacy pour le groupe. dans votre poste précédent vous avez contribué à la mise en place du programme de reverse-mentoring du Groupe. Que retenez-vous de ces expériences ?

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Alice Pellerin : En rejoignant AXA en 2014, je ne soupçonnais pas tout le potentiel de disruption et d’innovation que cette entreprise avait à offrir à ses collaborateurs et ses clients. Des projets, nos fiches de poste en sont toutes faites. Rien d’original à ce stade. La différence dans mon cas – et grâce à mon employeur – c’est que ces projets, mes projets, je les ai fait évoluer à mesure que je me suis épanouie chez AXA. Et c’est ce qui me permet d’avancer en conciliant passion et plaisir.

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Club Comelles : Emilie Poirrier, vous avez 34 ans. Diplômée de l’Institut de Sciences Politique d’Aix-en-Provence et d’un Master 2 du CELSA,  vous avez démarré votre carrière chez Air France puis vous avez fait le choix de rejoindre le Crédit municipal de Paris où vous êtes restée 3 ans en tant que Directrice de la Communication avant de rejoindre, début 2017, reporters sans Frontières pour prendre la responsabilité de la Communication et de la collecte de fonds. Qu’est-ce qui vous  rendu la plus fière dans ce parcours ?

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Emilie Poirrier : Mon métier m’a permis de concevoir et mettre en œuvre des tas d’opérations, de campagnes et de projets plus fous les uns que les autres.  J’ai travaillé dans des environnements très différents.Mais ce dont je suis la plus fière, c’est d’avoir accompagné, tout au long de ma modeste carrière, des collaborateurs, professionnels, apprentis ou stagiaires.Chaque nouveau poste a d’abord été une formidable rencontre humaine, avec les membres de l’équipe que j’allais encadrer. J’ai cherché à ne pas imposer une vision mais à comprendre l’existant, les compétences, qualités de chacune et chacun. A les embarquer dans un projet motivant, pour la structure comme pour eux-mêmes. A m’investir à leurs côtés, à les conseiller, à les considérer avec bienveillance, tout en ayant un fort niveau d’exigence. La communication est un métier d’équipe. La créativité, la mise en œuvre des projets et des idées, les campagnes, n’existent pas sans la force du groupe.

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DES VALEURS ET DES MOTEURS FORTS

 

Club Comelles : Pourquoi ou pour qui vous vous levez chaque matin ?

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Alice Pellerin : Mon avenir se dessine chaque matin lorsque je sors de mon lit. Ce qui me fait lever ? Pragmatiquement , je vous dirai : mon fils, Oscar, 14 mois et beaucoup trop d’énergie le matin. 6h13 du lundi au dimanche…et même 5h40 ce matin pour mon plus grand plaisir.
Professionnellement, il y a bien une chose qui me sort du lit chaque matin c’est ma curiosité.

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Club Comelles : La curiosité est donc votre moteur professionnel ? 

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Alice Pellerin : Oui, je n’ai pas de don particulier, mais je suis née curieuse de tout : le sketchnoting pour mémoriser en dessins mes réunions, les romans d’uchronie qui réécrivent l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé…

D’ailleurs je ne connais rien de plus motivant que de me lever en me disant « qu’est-ce que je vais apprendre aujourd’hui ? ». Ce n’est pas moi qui le dit c’est Jean-Jacques Rousseau. La curiosité naturelle à l’Homme lui inspire l’envie d’apprendre.
Savez-vous que seulement 8% des stratupeurs français étaient des startupeuses ou que la gravité ralentit le temps ? Que du brin d’herbe à la baleine, les humains ne représentent que 0,01% du monde vivant ou encore que 29M de messages sont échangés chaque minute sur WhatsApp dans le monde ?

Un jour un collègue d’AXA m’a dit que ma curiosité naturelle faisait de moi un bouillon de créativité.

Dès lors je me suis attachée à entretenir « mon petit bouillon » en menant des projets innovants comme le reverse mentoring qui met en relation millenials et senior managers autour de sujets digitaux ou l’employee advocacy ; un programme pour accompagner nos ambassadeurs internes sur les réseaux sociaux ; car, par dessus tout, ma curiosité, j’aime la mettre au service des autres : mes collègues, mes pairs, mes proches.

Elle est là ma raison de sortir du lit le matin et je la résumerai en un mot : partager. Motivation familiale, d’ailleurs, si j’en crois les réveils matinaux impatients d’Oscar…

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De g.à dte : JF.Laforge (Michelin) Co-président du jury, C.Camoin (PUM Plastiques) Lauréate, A.Pellerin (AXA) Nominée, E.Poirrier(RSF) Nominée et V.Mary (SNPTV) Co-présidente du jury

De g.à dte : JF.Laforge (Michelin) Co-président du jury, C.Camoin (PUM Plastiques) Lauréate, A.Pellerin (AXA) Nominée, E.Poirrier(RSF) Nominée et V.Mary (SNPTV) Co-présidente du jury


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Club Comelles : Et vous, Emilie, qu’est-ce qui a marqué votre carrière ?

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Emilie Poirrier : L’inégalité des chances est un sujet auquel j’ai été confronté et qui m’a marqué. Pas seulement entre les femmes et les hommes, même s’il y aurait tant à dire. Je parle de l’inégalité des chances en général.

Récemment, un ami artiste peintre me disait qu’il réalisait « la Galerie de Janson », portraits des illustres personnalités qui ont été formées dans ce grand lycée parisien, de Victor Hugo à Audrey Azoulay, Pierre Brossolette, en passant par Louis de Broglie ou Elie Cartan. Cela m’a donné envie de chercher les célébrités qui avaient usé les bancs de mon lycée : aucun écrivain, poète, scientifique, prix Nobel, aucune femme ou homme politique célèbre n’a fréquenté le lycée Jean-Henri Fabre de Carpentras… Ah si, pardon, Christophe Mae !

Quand on fréquente Janson de Sailly et Jean-Henri Fabre (classé 1700 sur 2000 au palmarès des lycées français) on n’a pas le même karma. Et l’inégalité des chances ne s’arrête pas à l’inégalité des territoires : par exemple, j’ai fait allemand première langue et arabe deuxième langue. C’est un choix carrément bizarre mais personne ne m’a dit que cela ne me servirait à rien et qu’il fallait avant tout savoir parler anglais pour faire carrière.

Pareil pour les grandes écoles. Je me souviens de mon oral du concours d’entrée du Celsa, j’ai débarqué devant le jury, blonde platine avec un fort accent du sud. J’ai été déstabilisée par l’un de mes intervieweurs qui s’est montré très méchant tout au long de l’entretien. Cela peut faire sourire, mais moi, je pensais qu’il était vraiment méchant, dans la vie ! En discutant avec lui par la suite, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une technique, « le bad cop ». Evident, encore faut-il que quelqu’un vous le dise.

Et lorsque d’autres partaient en séjour linguistique ou en stage d’observation l’été, moi je castrais les maïs, je triais des melons, je nettoyais des chambres d’hôtel, ou j’embouchais des produits cosmétiques à l’usine.

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Club Comelles : alors, comment êtes-vous arrivée à tracer votre route ?

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Emilie Poirrier : si l’égalité des chances n’existe pas, la prédestination non plus. Ce n’est pas qu’on n’a pas les mêmes chances, qu’il ne faut pas la tenter, sa chance.

Mais pour cela, il faut briser son propre plafond de verre. Et c’est probablement la chose la plus difficile. Je vais vous faire une confidence. J’ai mis les pieds au Louvre pour la première fois cette année. J’avais peur de ne pas m’y sentir à ma place : trop de culture, trop d’académisme, trop de parisianisme. C’est bizarre, dans ma vie j’ai réussi à m’adapter à des environnements professionnels différents, à m’adresser à des interlocuteurs haut placés, mais le Louvre, c’était non.

Ce que je veux dire par là c’est qu’on se fixe souvent nos propres limites, on se laisse gagner par nos peurs, on reste parfois collé à notre étiquette. On n’ose pas. Et c’est un tort.

Ce n’est pas parce qu’on vient d’un lycée modeste du fin fond de la France périphérique qu’on ne peut pas réussir de grandes écoles. Ce n’est pas parce qu’on a bossé 8 ans dans une grosse boite du cac40 qu’on ne peut pas prendre la tête de la direction de la communication d’une ONG.

Rien n’est tracé d’avance. Et c’est précisément cela qui me fait me lever chaque matin.

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EN CONCLUSION, POURQUOI POSTULER AU TROPHEE DU JEUNE TALENT ?

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Club Comelles : pour conclure que diriez-vous à une jeune professionnelle qui hésite à postuler au Trophée Comelles des Communicantes, dans la catégorie « jeune talent » ?

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Alice Pellerin : Je lui dirais : osez, soyez curieuse et piquante car chaque jour vous assaisonnez votre petit bouillon.

Emilie Poirier : Tentez votre chance : au pire, vous y ferez quelques rencontres qui pourraient, un jour ou l’autre, changer votre vie…

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