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Carine Abecassis, trophée du parcours singulier

Publié le 12 juin 2018

Pauline de Cardes (France Télévisions Publicité) et Frédéric Fougerat (Groupe Foncia), co-présidente et coprésident du jury, ont remis le Trophée du parcours singulier à Carine Abecassis.

 

Remise Trophée Parcours Club Comelles

 

Directrice de la communication de la Confédération Générale des producteurs de Betteraves (CGB) et présidente du SYRPA, Carine Abecassis a démarré sa carrière… Dans la musique !

Alors, comment passer d’une maison de disques au conseil en RP puis au monde agricole ? Carine a retracé sa carrière pour nous :

« Depuis ma formation en école de commerce, j’ai toujours voulu m’orienter vers la communication et le marketing. Mon parcours est en effet pour le moins atypique et on me demande souvent comment fait-on pour passer du secteur du disque à celui de l’agriculture ?

C’est en effet un assez grand écart ! Le monde du disque est plutôt un univers « très paillettes » et l’agriculture un univers très terre-à-terre et pragmatique. Le travail en agence, m’a permis lui de remettre un trait d’union entre ces deux mondes.

Passer du monde du disque au conseil en agence a vraiment été un choix plutôt qu’une opportunité. Passionnée de musique, je garde un excellent souvenir de mon passage en maison de disque, parsemé de beaucoup de rencontres de talents. C’est un univers au rythme trépidant : les voyages, les concerts, l’accompagnement et l’encadrement des artistes… En 2001, le monde des maisons de disque commençait ses restructurations, et le business à être menacé par les téléchargements en ligne. J’avais un poste marketing mais je souhaitais davantage aller vers la communication. Je voulais aussi changer d’univers car les possibilités d’évolution me semblaient plutôt limitées et c’est ce qui m’a fait postuler en agence, monde alors totalement inconnu.

Mon expérience en agence de relations presse/relations publiques, Fleishman Hillard, pendant près de 5 ans m’a enseigné la compétition, la diversité, la polyvalence et le travail en équipe. Ce début de carrière m’a appris à me construire solidement, autant humainement que professionnellement, étant sans arrêt confrontée à d’importants challenges. De plus, la variété des budgets pour lesquels j’ai travaillé m’a permis de découvrir beaucoup de secteurs différents (Internet, Hôtellerie, Santé etc). Parmi ceux-ci, le fait d’avoir travaillé pendant deux ans pour une association internationale de grandes maisons de vin (Primum Familiae Vini), qui organise des galas de charité dans le monde entier, m’a directement mis un pied dans le terroir et dans le monde associatif. Défendre cette belle cause a aussi été assez révélateur.

En 2003, mon agence fusionnant avec une autre agence spécialisée dans les technologies, j’ai jugé préférable de partir n’étant pas du tout attirée par ces sujets que l’on m’imposait. J’ai profité du plan social proposé pour me reposer les bonnes questions sur mes aspirations professionnelles et garder la conviction que j’avais besoin  de croire en mon sujet pour être performante… rien de très original jusque-là me direz-vous !

Et c’est là que j’ai eu la formidable opportunité d’intégrer le monde agricole en tant que Responsable du service presse du CNIEL (Interprofession du lait), informée de ce poste par une consultante qui avait quitté mon agence quelques mois auparavant. Déjà sensibilisée « au terroir » par le travail sur l’association de grandes maisons de vins en agence, j’ai découvert là un monde très attachant : c’est d’autant plus un monde dans lequel on a envie de s’investir car défendre le métier d’agriculteur est un métier noble avec la lourde mission de nourrir les populations. C’est important de travailler pour un secteur dans lequel on croit et de défendre une juste cause.

La suite logique a été d’intégrer la Confédération Générale des planteurs de betteraves grâce au journaliste agriculture de l’AFP qui m’a informé que ce poste se libérait recommandé pour le poste de Directrice de la communication. J’ai eu la chance d’avoir été recrutée par un Directeur Général qui a largement su me faire confiance et me confier des missions, qui allaient bien au-delà des Relations Presse, pour lesquelles j’ai longtemps été « cataloguée », pour mettre en place la communication 360 de la confédération (Digitale, événement, publicité, relations presse et publiques etc).

Le monde agricole m’a enseigné et m’enseigne encore tous les jours de nombreuses valeurs. J’ai du apprendre à m’imposer jeune (à moins de 30 ans..) dans un monde très masculin. Il est parfois difficile d’être crédible quand on est une (jeune) femme, qu’on vient d’un univers différent, de se faire une place dans cette environnement et d’autant plus quand on ne vient pas d’une école d’ingénieurs agronomes ! Il m’a fallu faire preuve de beaucoup de ténacité et de motivation pour tenir le choc ! J’ai dû beaucoup apprendre, lire, me documenter, comprendre ce monde compliqué et toutes ses finesses politiques !

J’ai réussi à impulser un virage vers la communication grand public avec notamment la mise en place de la campagne sur la betterave sucrière, avec la naissance du personnage Miss Better. Ce projet a vraiment été décisif, ma crédibilité dans ce monde dépendant aussi grandement de la réussite de cette campagne : faire passer ses messages et ses idées et être convaincante face à un conseil d’administration plutôt « conservateur », savoir rester à sa place tout en restant performante, ont été un véritable enjeu. J’ai fait confiance à mon instinct et compté sur du bon sens pour proposer notamment ce projet innovant. Ma conviction, ma capacité d’adaptation et mon sens de l’écoute m’ont grandement aidé à faire mes preuves et me faire écouter, voire respectée aujourd’hui (du moins je l’espère !).

Le monde agricole est un monde vraiment attachant, avec de grandes valeurs humaines et je suis fière de ce parcours quand je regarde les dix dernières années qui viennent de s’écouler. 

Pour couronner le tout, présider le SYRPA, l’association des communicants du monde agricole, depuis 8 ans, a confirmé ma volonté d’animer un réseau de professionnels pour créer du lien. Je n’ai à aucun moment brigué cette présidence, c’est son ancien et respectable Président qui m’a encouragé puis « parrainé » pour me présenter à l’élection alors que je n’avais intégré la CGB que depuis 2 ans. Cette présidence est vraiment précieuse dans ma carrière.  Au-delà d’avoir de la visibilité bien sûr, elle a étoffé mon réseau à une vitesse vertigineuse. J’ai connu beaucoup de professionnels de tout cet univers, je suis souvent sollicitée aussi bien par des jeunes en recherche de perspectives, que par des experts désireux d’échanger sur les sujets d’actualités. Le SYRPA me permet de rester un point de référence dans la communication du monde agricole.

Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être une communicante qui a su construire un parcours professionnel riche et varié, et j’espère avoir pu apporter au monde agricole, par mes différentes actions ou idées, une touche personnelle qui bouscule un peu les codes et les usages établis.

Si je devais encourager une communicante à postuler aux Trophées des communicantes en 2019, je lui dirai qu’il ne faut pas avoir peur de s’affronter soi-même, qu’il faut régulièrement s’imposer des nouveaux challenges.

Postuler à un tel concours est une excellente introspection de soi et permet de faire le point à un moment donné de sa carrière, à se reposer les bonnes questions en termes d’avenir professionnel. Ces trophées permettent aussi, et une fois de plus, de privilégier les rencontres, sources d’opportunités ! J’attache beaucoup d’importance à développer un bon réseau, clé nécessaire dans le monde professionnel. Grâce au Syrpa, je mesure chaque jour combien avoir un bon réseau est utile et facilitateur.. Il ne faut pas avoir peur de postuler car chaque « remise en question » est dans tous les cas, et quel que soit le résultat, un bon tremplin pour évoluer et grandir aussi bien professionnellement qu’humainement. En postulant, on a rien à perdre… au pire on n’est pas sélectionnée…on aura pris le temps de constituer un dossier complet sur sa carrière… en revanche, si on est ne serait-ce que nominée, on a tout à y gagner : au-delà de remporter un joli trophée à afficher dans son bureau, on se prend une bonne dose de confiance en soi, importante à n’importe quel âge ou étape de sa carrière ! »