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Marie-Christine Lanne, Trophée de la Communicante influente

Publié le 11 juin 2018

Marie-Christine Lanne, directrice de la communication, de l’influence et des engagements sociétaux chez Generali France, a reçu le Trophée de la communicante influente 2018 remis par le Club Comelles.

 

Trophées-Prise parole MC.Lanne

 

Très active sur les réseaux sociaux, elle est régulièrement classée parmi les directeurs de la communication les plus influents (Classements de L’important et Make Me Stats/ Les Echos solutions).

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Marie-Christine Lanne a accepté de partager avec nous ses pratiques de communicante influente.
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Comment êtes-vous devenue une communicante influente ?

L’autre jour sur Twitter une citation m’a sauté aux yeux. Elle est de Christophe Colomb : « On ne va jamais si loin que lorsqu’on se sait pas où l’on va ». Je l’ai expérimenté plusieurs fois dans ma vie.

J’ai 55 ans et demi. Inutile donc de vous dire que je ne suis pas une digitale native. Et pourtant, je suis considérée aujourd’hui comme une influence digitale. Cela vient récompenser une trajectoire que j’ai entamée toute seule.  J’avais à la fois quelque chose à dire et je voulais porter l’image de mon entreprise dans le domaine de la RSE aussi loin que je le pouvais ! J’ai bénéficié d’une totale liberté et du soutien de ma patronne, Marie-Louise Antoni que je tiens à remercier pour la confiance qu’elle m’a témoignée.

Je voudrais partager avec vous les ressorts de ce chemin de l’influence telle que je l’ai pratiquée, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain. Elle porte un nom : l’influence 2.0. Quand je suis allée sur les réseaux sociaux, je ne savais pas exactement où aller ni comment. Mais j’ai essayé.

A mes débuts de communicante voici 30 ans chez Generali, les femmes d’influence pour moi, c’étaient de grandes journalistes comme Anne Sinclair, Christine Ockrent qui interviewaient tous les grands de ce monde. Ou encore des femmes telles qu’Anne Méaux ou Solange Stricker qui avaient fondé une agence de relations médias. Bien sûr, elles étaient dans tous les cercles où se font les opinions.  Solange Stricker qui nous conseillait pouvait décrocher son téléphone et avoir en direct tous les patrons de médias. Ce type d’influence demeure, bien sûr.

Mais aujourd’hui le monde a changé car il n’y a plus un monde. Mais deux. Le monde physique sur lequel vous et moi marchons tous les jours.  Internet en a créé un autre : le monde digital. Impalpable, il a donné à 3,5 milliards de personnes aujourd’hui connectées sur les réseaux sociaux le droit de se saisir de la parole…et pourquoi pas de faire l’opinion. C’est dans ce monde que sont nés nos enfants. Ils passent de l’un à l’autre sans même y penser.


 

Quels sont les ressorts de l’influence dans ce monde digital ?

Je voudrais vous en proposer 10 dont deux sont spécifiques aux femmes.

 

Trophées des communicantes Club Comelles

 

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D’abord « les indispensables ».

  1. Avoir un  message : « Au commencement était le verbe ». J’avais quelque chose à faire savoir. En tant qu’assureuse,  j’ai découvert au début des années 2000, les problèmes d’environnement lors d’une conférence. J’ai pressenti que notre monde court à sa perte si nous ne faisons rien pour atténuer le changement climatique. Quand j’ai eu cette prise de conscience, mon fils avait 4 ans. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour lui éviter de vivre dans un monde invivable où le changement climatique générerait catastrophe sur catastrophe. J’ai pensé qu’en tant qu’assureur nous avions un rôle à jouer. Nous mutualisons les risques au sein d’une communauté d’assurés. Nous pouvions nous servir de ce rôle pour  mutualiser les bonnes pratiques qui permettent d’atténuer le changement climatique. C’est devenu mon combat. C’est avec le désir de lancer des alertes environnementales et la volonté de montrer toutes les bonnes initiatives que je suis allée sur Twitter. J’avais quelque chose à dire.
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  2. Avoir la volonté de porter durablement ce message. C’était aussi le cas. Car résoudre le changement climatique sera une affaire de siècles. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » a dit parait-il Churchill : Tous les jours, dans les medias, il y avait des informations à partager sur ces maux dont l’humanité a depuis pris conscience. Il y avait aussi  des entrepreneurs qui développaient leur business autrement, des citoyens, parfois très modestes qui, dans l’ombre, faisait des choses exemplaires. Je me suis dotée d’outils de curation de contenus qui me pourvoyaient en exemples nombreux. D’autres, comme moi, voulaient aussi porter ces messages, ces sujets. C’est ainsi que j’ai appris l’intelligence de la foule. Le monde digital a permis cela : de faire des rencontres improbables, de gens qu’on n’aurait jamais rencontré dans la vraie vie. Et qui créaient gratuitement de la valeur pour le message que j’avais à porter.
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  3. Chercher des alliés pour aider à relayer le message. Dès lors que l’on a un ou plusieurs centres d’intérêt, on repère vite sur les réseaux sociaux ceux qui s’intéressent aux mêmes choses. Vous voyez vite ce dont ils sont experts. Et vous relayez leurs messages ou bien vous les citez dans vos tweets. Et vous vous faites à votre tour repérer par eux. Ils vont sont reconnaissants de relayer leur messages ; de voir que vous vous intéressez aux mêmes choses qu’eux. De vraies connivences se créent. Des conspirations positives. Encore une autre citation bien connue « Ensemble, on va plus loin ».
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    Voici les 3 premiers ingrédients nécessaires pour l’influence 2.0 : un message, une volonté, des alliés. Mais cela n’est pas suffisantIl faut encore réunir d’autres conditions :
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  4. Etre authentique : Descartes a dit « Je pense donc je suis ». La formule d’aujourd’hui pourrait être « Je pense donc je tweete » Votre collection de Tweets tient lieu de pensée.  Aujourd’hui avec le web tout se voit, se sait, se mesurer. Si vous n’êtes pas authentique dans votre propos, ça finira par se voir. Certains diraient qu’il faut incarner son propos. Parlez de ce que vous connaissez, parlez avec conviction, parlez régulièrement. Sinon, pas de crédibilité.
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  5. Avoir le goût du partage : vous inspirez si vous partagez ce qui vous inspire. Car ce qui vous inspire, inspirera aussi d’autres personnes. S’inspirer. Partager. Comme une respiration.  Et tout à coup vous voyez remonter des « merci pour ce partage », vous voyez des gens qui reprennent vos propos, gratuitement, car vous leur avez apporté quelque chose d’utile ou d’inspirant. Fini « information = pouvoir .  Dans le monde digital, vous devenez puissant si vous partagez vos informations, vos sources. Ceux qui gardent l’information pour eux auront désormais tout faux. Même dans le domaine du management. Les jeunes sont épris de sens, de transparence, d’authenticité. Il faut inspirer les nouvelles générations !
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  6. Persévérer pour devenir légitime. Devenir influent dans le monde digital n’est pas immédiat quand on n’est pas célèbre ! Cela vient avec la légitimité. Et la légitimité est fondée sur deux choses : le domaine dans lequel vous exercez votre activité et la régularité de vos publications. La légitimité se construit dans le temps long. C’est quelque chose que l’on ne peut pas acheter. Quand je vois que certains s’achètent des followers, c’est juste ridicule. Et surtout inefficace. Car le levier de l’influence ce n’est pas le nombre des gens qui vous suivent, c’est l’engagement que vous créez. Et ça, ça ne se s’achète pas. Il faut être intéressant.
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  7. Renvoyer l’ascenseur : Il faut aussi savoir rendre à ceux qui vous inspirent. Je m’amuse à dire que les réseaux sociaux suivent les principes chrétiens : « Traitez-vous les uns les autres comme vous voudriez être traités ». Car cette conversation publique vous revient à la figure : soyez bienveillants et vous obtiendrez en retour de la bienveillance. Soyez haineux et vous obtiendrez de la controverse, des insultes. Citez vos sources, citez toujours celles ou ceux chez qui vous avez trouvé une information. Félicitez-les s’ils ont des succès. Ils vous le rendront peu ou prou.
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  8. Choisir de bons outils : On me demande souvent si d’alimenter les médias sociaux, ça prend du temps. Oui, un peu. Mais ça donne aussi des idées et de l’énergie. C’est un peu comme une gymnastique. Plus vous y êtes, plus vous savez rapidement comment faire. Plus vous pouvez tenir la distance. Et avec de bons outils, vous pouvez partager plus vite, sur plus de réseaux. Pour ma part, je me sers de Scoop it qui permet d’alimenter en quelques clics tous vos réseaux sociaux.
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  9. Prendre votre droit à la parole en tant que femme : On ne nous donne pas assez la parole dans les médias. Une étude fin 2017 indiquait que dans le business, 1% seulement des grands porte-parole dans les médias sont des femmes. Sur les réseaux sociaux, personne ne peut vous empêcher de la prendre. Alors prenez votre place dans la conversation publique. Vous en avez le droit….et je dirai même le devoir. Nous représentons plus  de 50% de l’humanité alors il faut que nous représentions aussi plus de 50 % de l’opinion. Notre siècle a besoin des femmes pour trouver des solutions aux maux dont souffre la planète. Plus respectueuses de la nature, plus tournée vers le maintien des équilibres au sein des communautés, vers le temps long car elles voient au-delà d’elles-mêmes en tant que porteuses de vies, les femmes doivent faire valoir leur point de vue.
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  10. Croire à la sororité : Les femmes se crêpent le chignon entre elles ? Encore une idée fausse ! La sororité est un concept qui monte. Une fois que vous êtes sur les réseaux sociaux, repérez des alliées féminines qui parlent des mêmes choses que vous, les réseaux de femmes. Il parait que nous sommes moins retweetées que les autres dit une étude ? J’ai beaucoup d’alliées femmes sur les réseaux sociaux et « on se tient chaud » en s’encourageant les unes les autres.

Voilà les 10 leviers auxquels je vous propose de réfléchir en tant que communicante.
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Nous devons aussi faire des hommes nos alliés dans la quête de parité et il y en a de plus en plus à prendre conscience des questions existentielles que nous nous posons.

N’ayez pas peur d’apparaitre. N’ayez pas peur de prendre la parole. Développez votre réseau. Et devenez demain, vous aussi,  une femme d’influence sur les sujets qui vous sont chers avec de la constance et de la persévérance.

C’est un capital qui vous appartiendra tout au long de votre carrière.


 

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